2019, une année de lutte climatique ?

Ces derniers mois, la lutte écologique et plus précisément, la lutte contre le dérèglement climatique a pris de plus en plus de place, à la fois sur la scène médiatique et à la fois dans nos rues. Selon une étude [1], 80% de la population d’insectes a disparu en Europe depuis les 30 dernières années, si la disparition des abeilles fait régulièrement la une des grands médias, c’est l’ensemble de la vie terrestre qui se meurt à une vitesse hallucinante, perte massive de la biodiversité animale et végétale. Il ne s’agit pas de protéger quelques animaux symboliques, mais bien toutes les espèces vivantes, y compris l’humain. Une extinction de 60% des animaux sauvages entre 1970 et 2014 [2], la disparition de nombreuses espèces de poissons, de coraux et de tout l’écosystème qui en dépend d’ici à 2048 [3], plus de deux degrés de température moyenne sur terre d’ici à 2050, des catastrophes naturelles plus nombreuses. Alors que le monde qui nous entoure se meurt, le gouvernement suisse préfère lâchement payer des quotas d’émission de CO2.

Aujourd’hui, il ne sert plus à rien d’étudier si notre avenir n’est pas assuré.

En Suisse, plusieurs manifestations rassemblant des milliers de personnes ont eu lieu l’année dernière, comme la marche pour le climat à Genève qui a rassemblé pas moins de 7’000 personnes. À l’international, depuis quelques semaines, des milliers de gymnasien·ne·s (lycéen·ne·s) à travers le monde ont décidé de se mettre en grève pour protester contre la passivité du gouvernement à résoudre la crise climatique actuelle.

Comme différents médias on pu le relater, le 21 décembre 2018 dernier, des milliers d’étudiant·e·s sont descendu·e·s dans la rue en Suisse alémanique pour faire entendre leurs revendications quant à l’inaction des politiques face à l’urgence climatique. Face à cette situation alarmante, les étudiant·e·s de différents cantons romands on décidé de se joindre à une grève nationale. Le 18 janvier 2019, c’est la date qui a été choisie pour la première grève nationale en Suisse, une réunion à Berne réunissant plus d’une centaine de personnes de nombreux cantons a déjà eu lieu. Les différents gymnases vaudois on quant à eux, déjà mobilisé plus de 1’200 personnes pour cette grève, une structure nationale a été créée pour ce mouvement et une grève est prévue dans au moins quatre cantons. L’idée étant de rappeler au gouvernement ses responsabilités quant à l’urgence climatique, en organisant une grève rassemblant toutes les personnes en formation en Suisse.

Ce n’est pas une affaire de mauvais comportement individuel qu’il faudrait changer, mais bien la production entière de toute l’humanité, ce n’est pas «l’humain» qui est coupable, mais bien la production capitaliste. Dans le capitalisme, le seul curseur pour la production est l’accumulation de capital, que ce soit «bio» ou non, la planète sera toujours plus pillée par l’impérialisme, sans aucun respect pour la vie. Considérer le problème de la destruction de l’environnement comme une question de consommation, c’est prendre le problème à l’envers, car il s’agit d’un problème de production. Un changement par la consommation ne peut être porté, au mieux, que par les personnes les plus riches, sans jamais toucher à la consommation des entreprises. Cette position de changement par la consommation est une position avant tout moraliste qui voudrait faire de l’écologie un problème de responsabilités individuelles et non un problème politique.

Article paru dans Résistance, journal du POP Vaud

Zakaria Dridi – Comité de section des Jeunes POP Vaud